Archives de septembre, 2013


Hier j’ai pu avoir ma première réunion de tuteur.

Tutotrat tours
L’aventure commence dès mercredi puisque je suis tuteur de BDR (biologie de la reproduction) & Embryologie.
Je n’ai plus une minute à moi, j’ai vraiment trop de choses à faire mais c’est super.
Parce qu’au final être tuteur c’est un tas d’actions bénévoles :
– rédiger des QCMs pour les tutorés
– faire les corrections par petits groupes
– réviser ses cours
– aller en cours de P1 pour faire des ronéos
– surveiller les colles des autres UE
– assister aux permanences pour répondre au questions des tutorés
– répondre aux gens sur le forum
– préparer et aider à l’organisation du concours blanc
– faire et animer des enseignements dirigés
etc…

Bref une tonne de chose qui demande un grand investissement mais qui au final vaut vraiment le coup ! Je n’ai qu’une envie c’est rendre ce que le tutorat m’a apporté pendant mes deux années de PACES. Aider une personne sans rien attendre en retour peut être plus que gratifiant lorsque l’on a un minimum de conscience.

Pour l’instant se passe une phase de « formation », on fait des réunions par rapport à la conception des QCM, au job de tuteur, à la plateforme sur internet qui permet de fabriquer les colles…
C’est vraiment excellent de passer d’un statut de tutoré au statut de tuteur.
Franchement l’expérience humaine à l’air encore une fois juste génialissime. Le plaisir est renforcé par une équipe de tuteur de BDR qui a l’air super. Non franchement en ce moment je n’ai pas à me plaindre de la vie.

A côté de cela j’ai validé mon stage avec une excellente appréciation de la part de mon cadre supérieur de santé. C’est marrant comme ces rapports de stages peuvent tourner en lécherie générale. Enfin d’un côté c’est vrai que je me suis vraiment investi dans mon stage et que tout c’est bien passé. Malgré cela je ressent une sorte de pointe d’hypocrisie assez insupportable, d’autant que je n’ai presque pas vu mon cadre du stage, il a du rédiger le rapport selon les dires des infirmières.

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C’est une des choses que je souhaitai absolument faire pendant ma deuxième année : faire parti d’une association étudiante. Il s’agit vraiment d’une chance que l’on a dans notre belle république française et dont tout le monde devrait profiter.

Associations étudiantes

Tout ça a commencé il y a quelques temps par le journal étudiant de mon université. J’ai pu rencontrer de nouvelles personnes lors de réunions, c’était vraiment sympa.
Les idées ont plu : organisation d’une soirée, montage d’une vidéo…
La dynamique des jeunes est belle a voir, après lorsque l’on passe dans la partie organisationnelle l’enthousiasme est moins présent. Mais bon même si les choses se font parfois un peu « à l’arrache » on trouve toujours le moyen de s’arranger.

 

Pour ce qui en est de la faculté de Médecine, la scolarité elle-même encourage ces initiatives associatives. En effet, dans le cadre d’unités d’enseignements complémentaires nous pouvons choisir des associations.
Pour faire simple, la participation à une association valide une option. Autrement nous pouvons choisir du sport ou bien des enseignements de recherche scientifique.
Bref tout cela pour dire que je compte devenir tuteur (même si je n’ai pas encore passé l’entretien) pour le tutorat de l’ACT, ce qui s’annonce cool au niveau de l’expérience que cela peut m’apporter.
Autrement la faculté a rendu officielles de nombreuses associations :
– la vaginale qui est la fanfare de la fac.
– le GALA chargée de la récolte de fonds et de l’organisation de la grande soirée de fin d’année.
– l’Association des Carabins de Tours (ACT) ou corps, qui est la grande association regroupant tous les étudiants en médecine à Tours.
– l’Association Clocheville-Ermitage (voir l’article consacré)
– Med & Voile qui concerne les étudiants de médecine faisant de la voile.

Quand je vois tout l’investissement personnel que ça demande si l’on veut que l’association prospère, je prends un peu peur. Mais au final quand on regarde le résultat on se dit que ça vaut vraiment le coup.
C’est un autre aspect de la vie étudiante, autre que les soirées et les cours, qui permettent au final un autre apprentissage : le travail en équipe, l’organisation, l’administration, la gestion… Pour moi c’est le tout début mais je compte bien donner de ma personne pour les associations qui me tiennent à cœur.

Au passage pour ceux que cela intéresse, je vous redirige sur le site Animafac qui est le grand réseau d’associations étudiantes en France.


Depuis quelques années déjà les séries TV portant sur le monde de la médecine fleurissent : docteur House, Urgence, Scrubs, Grey’s Anatomy… On pourrait y rattacher également Bones même s’il s’agit d’avantage d’une série policière anthropologique.

Est-ce qu’elles sont bénéfiques ou alors est-ce qu’elles détruisent l’image des soignants ? Affaire à suivre…

 Séries TV médicales

Pour :

 

Ces émissions ont déjà pour avantage de vulgariser la médecine à un  large publique. Même s’il s’agit souvent de maladies improbables, très rares, curables difficilement… Il arrive parfois qu’on retrouve un certain nombre de terme, de gestes, de maladies qui sont bonnes à acquérir pour sa culture générale.
Pour les étudiants en médecine c’est encore mieux, on retrouve énormément de choses que l’on voit en cours. Et quand on est en PACES on ressent une certaines fierté en ce disant « tiens, je connais cette pathologie », encore plus si l’on peut la détailler encore plus avec ses symptômes et les thérapies qui en découlent.

 

Moi je ne vais pas vous les cacher je suis un grand fan de Docteur House, j’ai regardé les 8 saisons pendant mes pauses repas de PACES. Tout la journée c’est ce qui me faisait tenir le rythme de boulot, à chaque fois je me disais « pense à ce soir, ce bon petit repas et l’épisode de docteur House ».
Mais bon il faut dire aussi que, comme partout, il y a des bonnes et des mauvaises séries médicales ce que je détaillerai plus bas.

 

Ensuite l’intérêt du publique faisant le succès de ces séries est intéressant à analyser. Par exemple je suis intimement convaincu que cela a donné envie à beaucoup de gens de commencer des études d’infirmière, de médecin, de manipulateur radio, de brancardier… Parce qu’elles ouvrent l’hôpital à une population entière, or tout le monde n’a pas eu la malchance d’y aller faire un tour pour se soigner.
Grosso modo, le système français avec le CHU et cela depuis la réforme Debray de 1958, s’inspire très largement du système hospitalier américain (oui j’ai bien appris mes leçons :p). Donc mis à part le financement de la santé qui pour nous n’est pas un problème, contrairement aux USA où les ménages s’endettent sur de longues années pour se soigner, on a une bonne vue d’ensemble de ce que peuvent être les structures françaises et leur fonctionnement.

 

Contre :

 

Avez vous vu le docteur Mammour de grey’s Anatomy ? C’est juste risible. L’image du médecin dans cette série est aberrent : beau, propre sur lui, infaillible… Le soignant devient une sorte de McGyver, de dieu vivant, capable de faire face à toutes les situations. Mais cela ne se passe pas comme ça dans la vraie vie, il a aussi ses faiblesses et ses états d’âme. Après on s’étonne que des soignants se fassent agresser dans les hôpitaux à causes de patients mécontents. Déjà premier gros hic.

D’ailleurs je ne veux pas stigmatiser Grey’s Anatomy sur ce point, car on peut le retrouver dans les autres séries. Docteur House y est compris, quand on regarde le docteur Chase ou numéro 13 il y a de quoi se poser des questions. Mais bon c’est moins marqué quand même car on entre plus dans les abysses de ses personnages qui nous révèlent au fur et à mesure leur intimité et leurs faiblesses.

 

Idem la fameuse culture médicale donnée aux patients peut être délétère dans le sens où l’on obtient des « patients-consommateurs ». C’est à dire que certaines personnes font de l’automédication à tort en se prenant pour des médecins en herbe, or ce n’est pas pour rien que la formation dure 9 ans. Ou alors ils vont voir leur médecin en ayant d’ors et déjà posé leur propre diagnostic si bien que lorsque le toubib leur propose des alternatives thérapeutiques : ils ne sont pas d’accord avec celles ci et ne comptent pas se plier à l’avis du docteur. Ensuite ces patients vont consulter l’avis d’un autre spécialiste (du type cardiologue bien onéreux), ce qui creuse d’avantage le trou de la sécurité sociale. Certains trouveront que je pousse peut être les choses un peu loin, mais croyez moi ce sont des situations bien plus fréquents qu’on ne veut bien le croire.

 

Enfin on pourrait aussi reprocher un petit peu cette « médecine-spectacle » à tout prix. Même si on ne peut pas vraiment en vouloir au cinéma pour cela, c’est ce qui les fait vivre. Mais bon par exemple quand je vois dans ces séries comment les médecins procèdent à la trachéotomie, d’une je m’aperçoit que la méthode utilisée n’est pas du tout conforme, qu’ils ne prennent aucune précaution, qu’elle se fait ultra rapidement… Bref, c’est la même chose pour les pathologies rencontrées. Généralement ce sont des syndromes de dingues qui en réalité touchent un patient sur un milliard. Donc au final l’image de l’hôpital des séries évoquées  n’est pas si proches du notre. Il est certains que les petits points de suture ou le changement d’une sonde vésicale sont bien moins impressionnant que la neurochirurgie du nerf Abducens ou le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter. Que voulez vous, je ne pense pas non plus que les mousquetaires de Louis XIV se battaient à l’épée comme Antonio Banderas jouant Zorro. C’est le cinéma baby !

 

Docteur House est fini, vivement la prochaine série médicale de haut rang que je me l’enfile comme un glouton ! Comme quoi il doit quand même y avoir pas mal de bon là dedans.


ATTENTION : cet article peut choquer les âmes sensibles et les enfants.

Dans chaque stage on a nos moments marquants. Personnellement j’ai dû le provoquer, c’est à dire que c’est comme dans la vie les choses ne tombent pas crues dans le bec, il faut se bouger pour les avoir : c’est encore plus vrai pour le stage de P2. Bref j’ai donc fait pressing sur mon cadre de santé pour être muté le temps d’une matinée dans le service de consultations externes d’urologie… Séquence nouveautés et découvertes à venir.

Urologie

L’urologie est un monde très particulier, d’une part parce que la majorité des patients sont assez vieux, d’autre part parce qu’on entre au plus profond de l’intimité des patients.
Cela a commencé par un vieux monsieur de 90 ans à qui on devait changer une sonde urinaire de cystostomie. Ce vieux monsieur avait une hydrocèle testiculaire accompagnée d’un kyste, ce qui rendait ses parties intimes extrêmement volumineuses.
C’est là que j’ai compris une phrase que l’infirmière de mon services m’avait dit la veille « J’espère que tu ne va pas trop faire de cauchemars ».
Dans mon cas c’était plutôt un mélange de pitié pour cette personne sénile et d’envie de rire devant ce vieux trainant ses testicules comme le boulet d’un bagnard. Le ton était donné.

Ensuite ce fut le passage à la fibroscopie pénienne. Encore une fois je me retrouve face à un patient d’une quarantaine d’année complètement nu sur une table. Le médecin lui a enfoncé une énorme fibroscope dans le pénis, et malgré l’anesthésie accompagnée du protoxyde d’azote qu’il respirait la sensation désagréable le dérangea énormément. En revanche de l’autre côté de la barrière c’était génial, le médecin très sympa ainsi que l’infirmière m’expliquèrent plein de chose. J’ai même eu le droit d’observer une petit tumeur dans l’instrument que le médecin prévu d’enlever.

Tout le reste de la matinée j’ai vu pas mal de changement de sonde (cystostomie, nephrostomie, urétérostomie…), et donc de vieux messieurs qui eurent une douleur atroce au moment de l’extirpation. Cela principalement à cause du ballonnet qui est mis en place dans la vessie, mais je n’entrerai pas dans des détails médicaux plus complexes.
Puis vint le moment le plus « traumatique », même si pour moi ce fut très enrichissant tant humainement que médicalement : la biopsie de la prostate. Afin de déceler un potentiel cancer, le médecin plaça une sonde d’échographie dans l’anus du patient, et fit pas moins de 12 prélèvements sous différents angles avec une lame énorme. Je vous laisse imaginer l’atteinte « impérative » à la dignité et même à l’intégrité corporelle du patient. Idem le protoxyde d’azote et l’anesthésie furent un léger allègement de la douleur. Heureusement encore une fois il s’agissait d’un urologue qui agissait avec tact, dextérité et empathie. Ce n’est que le début de mon parcours hospitaliers et déjà je vois les déviements des hôpitaux. Déviements dans le sens où l’on creuse au plus profond de l’intégrité corporelle des malades, certes par nécessité et avec leur accords mais tout de même… Parfois on a de la profondeur de champ, parfois on touche vite le fond. L’hôpital est donc un lieu à part dans notre société où les moeurs sont totalement chamboulées.

Je peux vous dire que loin d’être choqué, une nouvelle fois j’ai adoré cette matinée si bien que j’y retourne vendredi prochain. Ce ne fut quasiment que de l’observation et un peu d’aide manuelle (très sommaire). Mais qui peut dire avoir vu une biopsie de la prostate ou un changement de sonde urinaire ? De jour en jour, je vois des actes qui sortent tellement de la banalité du quotidien. Cela martel à coup de brique ma formation de soignant… Alors, merci ma chance !