Séjour en Urologie

Publié: septembre 6, 2013 dans Récits de parcours
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ATTENTION : cet article peut choquer les âmes sensibles et les enfants.

Dans chaque stage on a nos moments marquants. Personnellement j’ai dû le provoquer, c’est à dire que c’est comme dans la vie les choses ne tombent pas crues dans le bec, il faut se bouger pour les avoir : c’est encore plus vrai pour le stage de P2. Bref j’ai donc fait pressing sur mon cadre de santé pour être muté le temps d’une matinée dans le service de consultations externes d’urologie… Séquence nouveautés et découvertes à venir.

Urologie

L’urologie est un monde très particulier, d’une part parce que la majorité des patients sont assez vieux, d’autre part parce qu’on entre au plus profond de l’intimité des patients.
Cela a commencé par un vieux monsieur de 90 ans à qui on devait changer une sonde urinaire de cystostomie. Ce vieux monsieur avait une hydrocèle testiculaire accompagnée d’un kyste, ce qui rendait ses parties intimes extrêmement volumineuses.
C’est là que j’ai compris une phrase que l’infirmière de mon services m’avait dit la veille « J’espère que tu ne va pas trop faire de cauchemars ».
Dans mon cas c’était plutôt un mélange de pitié pour cette personne sénile et d’envie de rire devant ce vieux trainant ses testicules comme le boulet d’un bagnard. Le ton était donné.

Ensuite ce fut le passage à la fibroscopie pénienne. Encore une fois je me retrouve face à un patient d’une quarantaine d’année complètement nu sur une table. Le médecin lui a enfoncé une énorme fibroscope dans le pénis, et malgré l’anesthésie accompagnée du protoxyde d’azote qu’il respirait la sensation désagréable le dérangea énormément. En revanche de l’autre côté de la barrière c’était génial, le médecin très sympa ainsi que l’infirmière m’expliquèrent plein de chose. J’ai même eu le droit d’observer une petit tumeur dans l’instrument que le médecin prévu d’enlever.

Tout le reste de la matinée j’ai vu pas mal de changement de sonde (cystostomie, nephrostomie, urétérostomie…), et donc de vieux messieurs qui eurent une douleur atroce au moment de l’extirpation. Cela principalement à cause du ballonnet qui est mis en place dans la vessie, mais je n’entrerai pas dans des détails médicaux plus complexes.
Puis vint le moment le plus « traumatique », même si pour moi ce fut très enrichissant tant humainement que médicalement : la biopsie de la prostate. Afin de déceler un potentiel cancer, le médecin plaça une sonde d’échographie dans l’anus du patient, et fit pas moins de 12 prélèvements sous différents angles avec une lame énorme. Je vous laisse imaginer l’atteinte « impérative » à la dignité et même à l’intégrité corporelle du patient. Idem le protoxyde d’azote et l’anesthésie furent un léger allègement de la douleur. Heureusement encore une fois il s’agissait d’un urologue qui agissait avec tact, dextérité et empathie. Ce n’est que le début de mon parcours hospitaliers et déjà je vois les déviements des hôpitaux. Déviements dans le sens où l’on creuse au plus profond de l’intégrité corporelle des malades, certes par nécessité et avec leur accords mais tout de même… Parfois on a de la profondeur de champ, parfois on touche vite le fond. L’hôpital est donc un lieu à part dans notre société où les moeurs sont totalement chamboulées.

Je peux vous dire que loin d’être choqué, une nouvelle fois j’ai adoré cette matinée si bien que j’y retourne vendredi prochain. Ce ne fut quasiment que de l’observation et un peu d’aide manuelle (très sommaire). Mais qui peut dire avoir vu une biopsie de la prostate ou un changement de sonde urinaire ? De jour en jour, je vois des actes qui sortent tellement de la banalité du quotidien. Cela martel à coup de brique ma formation de soignant… Alors, merci ma chance !

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commentaires
  1. senoritaframbuesa dit :

    L’urologie…c’est vrai que l’on pense pas beaucoup à ce service. Je dis heureusement que les urologues sont là finalement.

    • TheCarabin dit :

      C’est sur ! Mais après cela dépend de la vocation qu’on a, certains travaillent au contact de la mort (oncologues…), d’autres aux contacts des déjections (gastro-entérologues…). Alors oui, heureusement qu’ils sont là 😀

  2. senoritaframbuesa dit :

    Oh c’est trop gentil merci 🙂 J’ai bien noté ton adresse. Même si tu veux correspondre, pour partager…PS: tu peux l’effacer ^^

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