Archives de février, 2014


Un petit billet pour vous parler de mon stage en chirurgie.

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Et bien bingo, il se passe nettement mieux que la partie anesthésie.
Je suis avec un chirurgien plutôt jeune, d’ailleurs c’est celui qui m’a opéré du genou en décembre (je me suis arrangé pour l’avoir comme référent).

J’assiste aux consultations avec lui. Très pédagogique il m’explique pas mal de chose alors que je suis un gros néophyte Imaginez lorsqu’il me pose des questions sur des radios : « Tu vois quoi là ? » « Bah, une tâche » « Mais nooon c’est un des signes majeurs d’arthroses avec blablablabla… ».
Il s’agit donc de chirurgie orthopédique : tumeurs osseuses, fractures, ligaments croisés, prothèse de hanche, prothèse de genou…
Bref tout un attirail particulier qui vaut une réputation de bourrins à ces chers amis orthopédistes. Ce n’est pas le cas de mon chirurgien même si la première fois que je l’ai vu au bloc il tapait comme un forcené avec un marteau afin d’enfoncer une prothèse.

Alors oui on se croirait dans une des forges tenues par les nains du Mordor, et pourtant l’environnement est stérile et peuplé de petit bonhommes en bleus qui diffèrent en tous points des schtroumpfs.
Puis le chirurgien attrape un petit bistouris tout fin, à ce moment on se dit « ça y est on passe à la finesse »… Une odeur de poulet grillé passe à travers les masques, et oui à l’heure de la technologie il s’agit de bistouris électriques.

Heureusement que mon chirurgien est sympa, parce que les infirmières ne le sont pas toujours. Certaines me vouent une haine tenace et me voient comme un pestiféré qui empiète sur leurs platebandes.
Grace à lui j’ai pu m’habiller en stérile et l’assister en lui donnant certains outils, en tenant les écarteurs ou en utilisant « l’aspirateur à sang ». Il m’est donc arrivé de tomber sur des infirmières qui ne supportent pas qu’un gamin de 20 ans sans aucune expérience puissent s’occuper de certaines de leur tâche.
A ce moment elle utilisent une technique bien perfide : souligner la moindre de mes erreurs, ce qui va de la plus fine imperfection aux grosses bêtises que je peux faire. Méa culpa je suis au début du périple.

Demain je retourne au bloc afin d’apprendre toujours et encore plus de mes ainés.
La médecine forme grâce au compagnonnage ce qui implique une pédagogie et une humanité évidente. N’est-ce pas les principales qualités que doit avoir un soignant?

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Envoyé spécial à l’exposition Vivian Maier.

Vivian Maier

La promenade dominicale sur les bords de la Loire nous a mené jusqu’à l’exposition Vivian Maier intitulée « Une photographe révélée ». Nous commencerons par souligner l’aspect exceptionnel du lieu qui a été entièrement rénové et par la même occasion revisité pour accueillir des expositions.
On dit souvent que le contenant est aussi important que le contenu, on ne déroge pas beaucoup à la règle aujourd’hui.

Au fil des salles nous découvrons des visages, des expressions, des émotions, des rues, des bâtiments, des autoportraits, du bruit, de l’agitation, de la paix, de la sérénité, de la souffrance, des larmes de joie, de l’élégance, des bourrelets, du chamboulement… Un florilège d’instants capturés pour l’occasion par une photographe d’origine franco-autrichienne qui a vécu aux USA. C’est donc les Etats-Unis d’Amérique d’après guerre que la photographe nous montrera avec son petit objectif.
Son histoire est d’ailleurs singulière, parce qu’à sa mort la photographe ne savait pas qu’elle deviendrait une des figures majeures de la street photography. Les étonnantes prises de vues ont été découvertes par hasard par John Maloof en 2007 à Chicago. De son vivant, l’artiste n’a jamais exposé son travail au grand public.

Nous avons donc été bluffé par les photos argentiques, même si quelques films et photos en couleurs complètent la collection. La beauté des clichés est saisissante et montre une réelle curiosité de l’artiste.
En quelques photos on voyage énormément à travers les paysages et les visages. Notamment ceux des enfants pleins de malices, normal vous me direz puisqu’à la base madame Maier était gouvernante de profession.
On l’imagine très bien, et d’ailleurs on la voit à travers pas mal d’autoportrait, vagabonder dans la rue à la recherche d’instants à saisir. Avec une soif toujours plus forte de capturer le moment éphémère, de mettre en lumière le vagabond ou la ménagère, Viviane photographie.
Une des captures représentant une femme de dos avec ses deux petites filles est juste superbe et reflète à elle seule une Amérique des années 60 en plein essor économique. On pourrait lancer un single d’Elvis Presley et l’ambiance serait parfaite.
Exposition régulée au diapason dans un cadre d’exception par des amateurs de photographie. Pour la contempler, rendez vous au bout de la rue Colbert après la floppée de restaurants hétéroclites. Nous en profitons pour remercier l’association « le jeu de Paume » pour cette excellente découverte.

Vous pourrez retrouver également l’exposition de sculpture de Chantal Daniaud et l’exposition d’art contemporain intitulée «Eternal Network ». Elles nous ont moins intéressés, en tous cas nous n’y avons été touché de la même manière. Néanmoins les plus grands amateurs pourrons y trouver leur bonheur. A elle seule, l’exposition Maier vaut le déplacement pour un voyage garanti qui rendra plus d’une génération nostalgique.

Exposition Vivian Maier
« Une photographie révélée »
Château de Tours du 9 novembre 2013 au 1er juin 2014.
Entrée gratuite.

Crédits photographiques : loireatlantiquephoto.fr