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Depuis quelques années déjà les séries TV portant sur le monde de la médecine fleurissent : docteur House, Urgence, Scrubs, Grey’s Anatomy… On pourrait y rattacher également Bones même s’il s’agit d’avantage d’une série policière anthropologique.

Est-ce qu’elles sont bénéfiques ou alors est-ce qu’elles détruisent l’image des soignants ? Affaire à suivre…

 Séries TV médicales

Pour :

 

Ces émissions ont déjà pour avantage de vulgariser la médecine à un  large publique. Même s’il s’agit souvent de maladies improbables, très rares, curables difficilement… Il arrive parfois qu’on retrouve un certain nombre de terme, de gestes, de maladies qui sont bonnes à acquérir pour sa culture générale.
Pour les étudiants en médecine c’est encore mieux, on retrouve énormément de choses que l’on voit en cours. Et quand on est en PACES on ressent une certaines fierté en ce disant « tiens, je connais cette pathologie », encore plus si l’on peut la détailler encore plus avec ses symptômes et les thérapies qui en découlent.

 

Moi je ne vais pas vous les cacher je suis un grand fan de Docteur House, j’ai regardé les 8 saisons pendant mes pauses repas de PACES. Tout la journée c’est ce qui me faisait tenir le rythme de boulot, à chaque fois je me disais « pense à ce soir, ce bon petit repas et l’épisode de docteur House ».
Mais bon il faut dire aussi que, comme partout, il y a des bonnes et des mauvaises séries médicales ce que je détaillerai plus bas.

 

Ensuite l’intérêt du publique faisant le succès de ces séries est intéressant à analyser. Par exemple je suis intimement convaincu que cela a donné envie à beaucoup de gens de commencer des études d’infirmière, de médecin, de manipulateur radio, de brancardier… Parce qu’elles ouvrent l’hôpital à une population entière, or tout le monde n’a pas eu la malchance d’y aller faire un tour pour se soigner.
Grosso modo, le système français avec le CHU et cela depuis la réforme Debray de 1958, s’inspire très largement du système hospitalier américain (oui j’ai bien appris mes leçons :p). Donc mis à part le financement de la santé qui pour nous n’est pas un problème, contrairement aux USA où les ménages s’endettent sur de longues années pour se soigner, on a une bonne vue d’ensemble de ce que peuvent être les structures françaises et leur fonctionnement.

 

Contre :

 

Avez vous vu le docteur Mammour de grey’s Anatomy ? C’est juste risible. L’image du médecin dans cette série est aberrent : beau, propre sur lui, infaillible… Le soignant devient une sorte de McGyver, de dieu vivant, capable de faire face à toutes les situations. Mais cela ne se passe pas comme ça dans la vraie vie, il a aussi ses faiblesses et ses états d’âme. Après on s’étonne que des soignants se fassent agresser dans les hôpitaux à causes de patients mécontents. Déjà premier gros hic.

D’ailleurs je ne veux pas stigmatiser Grey’s Anatomy sur ce point, car on peut le retrouver dans les autres séries. Docteur House y est compris, quand on regarde le docteur Chase ou numéro 13 il y a de quoi se poser des questions. Mais bon c’est moins marqué quand même car on entre plus dans les abysses de ses personnages qui nous révèlent au fur et à mesure leur intimité et leurs faiblesses.

 

Idem la fameuse culture médicale donnée aux patients peut être délétère dans le sens où l’on obtient des « patients-consommateurs ». C’est à dire que certaines personnes font de l’automédication à tort en se prenant pour des médecins en herbe, or ce n’est pas pour rien que la formation dure 9 ans. Ou alors ils vont voir leur médecin en ayant d’ors et déjà posé leur propre diagnostic si bien que lorsque le toubib leur propose des alternatives thérapeutiques : ils ne sont pas d’accord avec celles ci et ne comptent pas se plier à l’avis du docteur. Ensuite ces patients vont consulter l’avis d’un autre spécialiste (du type cardiologue bien onéreux), ce qui creuse d’avantage le trou de la sécurité sociale. Certains trouveront que je pousse peut être les choses un peu loin, mais croyez moi ce sont des situations bien plus fréquents qu’on ne veut bien le croire.

 

Enfin on pourrait aussi reprocher un petit peu cette « médecine-spectacle » à tout prix. Même si on ne peut pas vraiment en vouloir au cinéma pour cela, c’est ce qui les fait vivre. Mais bon par exemple quand je vois dans ces séries comment les médecins procèdent à la trachéotomie, d’une je m’aperçoit que la méthode utilisée n’est pas du tout conforme, qu’ils ne prennent aucune précaution, qu’elle se fait ultra rapidement… Bref, c’est la même chose pour les pathologies rencontrées. Généralement ce sont des syndromes de dingues qui en réalité touchent un patient sur un milliard. Donc au final l’image de l’hôpital des séries évoquées  n’est pas si proches du notre. Il est certains que les petits points de suture ou le changement d’une sonde vésicale sont bien moins impressionnant que la neurochirurgie du nerf Abducens ou le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter. Que voulez vous, je ne pense pas non plus que les mousquetaires de Louis XIV se battaient à l’épée comme Antonio Banderas jouant Zorro. C’est le cinéma baby !

 

Docteur House est fini, vivement la prochaine série médicale de haut rang que je me l’enfile comme un glouton ! Comme quoi il doit quand même y avoir pas mal de bon là dedans.


Eternel débat, est-il plus difficile de réussir médecine en région parisienne ? Quelles sont les meilleures facultés de médecine lors des ECN ? Le niveau des carabins parisiens est-il meilleur que leurs collègues de province ?
Décryptage, notamment à partir des divers classements proposés par le site « l’internaute.fr« .

Versus

Réussir sa PACES.

Winner Province. Il semblerait qu’en cas général les facultés de province ont un taux de réussite plus élevé que les facultés parisiennes avec le plus fort taux à Amiens (23%). Par contre c’est dans le sud, à Toulouse et Marseille, qu’il est le plus difficile de décrocher son concours. Ce qui n’est pas étonnant vu qu’on voit un agglutinement et une offre médicale overbooké sur les littoraux ensoleillés, d’où un numérus clausus diminué.

Meilleures places aux ECN :

Winner Paris. Si on regarde les dernières années, les universités de Paris Descartes et Marie Curie sont souvent en haut du classement. Mais tout est relatif car les provinciaux font de la résistance (ex : Tours souvent bien classé), et au sein de la ville lumière les résultats sont hétérogènes (ex : Bobigny souvent mal classé).

Plus gros cancres :

Winner Province. Basé sur le palmarès des facs qui classent le moins bien leurs élèves aux ECN (au delà de la 6000ème place), la tête est occupée par des facultés provinciale même si encore une fois Bobigny noircie le tableau parisien;

Sources : classements de létudiant.fr que vous pouvez retrouver ici.

Cadre de vie pour la PACES :

Winner Province. Paris c’est la ville des tentations, il y a tant de choses à faire… ce qui n’est pas bon en PACES où l’on est la plus part du temps enfermé dans sa chambre à travailler. De plus en Province il est plus facile de trouver un lieu tranquille à l’abris du bruit et des Klaxons.
D’autres avantages font de la province la vainqueurs : temps perdu dans les transports, logements onéreux… (je me base sur l’expérience que j’ai de la ville lumière, j’y vais souvent puisque mes parents habitent à 1h de route et que j’ai des amis sur place).

Soirées :

Match nul. Une soirée médecine que ça soit en province ou sur paris c’est juste une tuerie. De l’alcool à flot, une ambiance de folie, des étudiants déchirés, du gros son… Bref à tester de toute urgence si ce n’est pas déjà fait.

International :

Winner Paris. Pour les facultés de médecine étrangères, il y a Paris et puis le désert. Même si les programmes tel ERASMUS font bouger les choses, la capital obnubile nos confrères hors-hexagone.
Pour vous citer un exemple les stages MICEFA est un programme d’échange entre les USA et la France, uniquement pour les facultés parisiennes, comprenant des stages en hôpital ou en laboratoire.

Prestige :

Winner Paris. Combien de médecins affichent fièrement sur leurs plaques « ancien interne des hôpitaux de Paris » ? C’est bête que la réputation précède le médecin, il y a tellement d’excellents praticiens issus des facultés de province…

 

Si l’on veut caricaturer (ce que je déteste faire d’habitude…), un parcours d’études médical dans les facultés Parisiennes est certes plus fastidieux, mais assure un certain prestige et quelques avantages. Enfin bon c’est une grosse généralité car comme nous avons vu, au sein de l’ile de France le niveau est hétérogène et la formation en province fait preuve d’excellence.


Question récurrente chez les PACES, qu’est-ce qui prépare le mieux ? D’un côté les prépas ou écuries, de l’autres le tutorat officiel de la faculté.
Quoi qu’il en soit je pense que l’hérésie est de s’inscrire nul part, c’est le meilleur moyen de louper son année. En effet ces deux organismes de formation permettent de s’entrainer à l’examen. Et puis j’avais remarqué aussi qu’il me permettait souvent de compléter mon cours, car les questions sont souvent pointus et permettent d’attirer l’attention de l’étudiant sur des détails du cours oubliés. Et dieu sait qu’en PACES les détails sont super importants.

Versus

Prépa.

POUR :

– Le côté professionnel qui peut en rassurer certains. Le fait de payer assure un niveau minimum de qualité de la part de ses écuries, qui souvent recrutent parmi les meilleurs étudiants de 2ème et 3ème année.

– Un encadrement nécessaire pour certaines personnes. A la prépa vous aurez des entretiens régulier avec le directeur, avec les tuteurs… qui vous mettrons une pression positive et vous imposerons un rythme de travail. Cette contrainte est nécessaire pour les étudiants qui ne sont pas assez autonomes dans leur travail.

– Les résultats parlent d’eux-même, ceux qui veulent viser la performance doivent y aller.
« 10 personnes parmi les 15 premiers » voici ce qu’annonce fièrement le site d’une prépa privé de Tours (en gros j’ai fait de la résistance haha).

– Des polycopiés réguliers dans toutes les matières quasiment, distribués avant que les cours aient lieu.

– Services plus : pré-rentrée, enseignements dirigés, salles pour travailler…

CONTRE :

– Les prix qu’ils pratiquent peuvent paraitre exorbitants. Pour vous donner une idée à Tours si l’on prend la formule totale, parmi les 3 prépas présentent dans la ville (profil sup, concours sup, efesup) les prix varient de 2850 à 3000 euros. Autrement dit tout le monde n’a pas forcément les moyens de financer ce genre d’instituts lucratifs.

– Les polycopiés que je mets également dans les contres car il existe des étudiants qui arrivent avec leurs polycopiés, le pose sur la table en début de cours puis n’écoutent plus rien. En attendant ils papotent ou jouent à des jeux sur leur ordinateur.

– Classements biaisés, vous ne pourrez pas trop vous situer. En effet, il y a certes moins de personnes dans les prépas, mais généralement le niveau est plus élevé. Difficile de se placer dans ces conditions !

– La mentalité qui y règne pourra en faire craquer plus d’un. Quand je vois que des directeurs de prépas pètent des câbles car aucun de ses poulains n’est major cette année contrairement aux autres, je me pose de question.
Esprit concours omniprésent garanti !

Tutorat.

POUR :

– La gratuité : il s’agit d’un organisme non lucratif qui est coordonné par des bénévoles de 2ème/3ème année. Certains diront « Quels bénéfices en tirent les tuteurs ? ». Et bien cela leur valide des UE complémentaire d’une part, mais au delà de ça la beauté du geste et l’envie d’aider sont des motivations pour le bon tuteur.
Vous paierez juste les impressions en gros, ce qui représente un montant de 40-50 euros à l’année.

– Des colles plus représentatives, car il y a souvent d’avantage de monde sur les classements du tutorat. Ainsi vous arriverez d’avantage à vous situer dans les classements grâce au tutorat.
D’ailleurs le concours blanc est pas mal à ce niveau car des personnes de prépas viennent y participer, ce qui augmente le nombre de gens et la représentativité (pour vous donner une idée à Tours, sur environ 1500 étudiants au 1er semestre, il y avait presque 900 personnes au concours blanc).

– La qualité des polycopiés est meilleure je trouve, mais ce n’est valable que dans notre ville. Quand j’ai vu la tête des polys de certaines prépas que je ne citerais pas, j’ai fait un bon « Quoi, comment on peut payer 3000 boules pour cette daube !?« .

– Services plus : pré-rentrée, enseignements dirigés…

– Un état d’esprit bon enfant, pas de prise de tête. Certains tuteurs n’hésitent pas à rester à la fac jusqu’à 22-23h pour répondre aux questions des tutorés !

CONTRE :

– L’organisation qui parfois peut être bancale. C’est la cause de l’amateurisme, même si je fus très étonné de voir à quel point à Tours le tutorat s’améliore avec les années. On dit que les étudiants sont bordéliques, mais quand je vois le monceau de boulot que cela représente pour le bureau du tut’ je suis vraiment impressionné par la rigueur dont ils font preuve.

– La liberté dont dispose les tuteurs abouti parfois à des items aberrants dans les colles. Il existe un type de tuteur débile dont le but est de mettre un maximum de piège merdique.
(ex : un tuteur a quand même réussi cette année à mettre un piège entre « kyoto et tokyo » ou encore entre « code » et « loi » de Nuremberg)

– Une totale autonomie potentiellement délétère. Si vous ne bossez pas vos cours, vous ramasserez des gamelles aux colles mais personnes ne sera derrière vous pour vous pousser.

Comme je le dis souvent, il n’y a pas de recette miracle pour réussir sa P1. Chacun aura sa méthode et son parcours singulier, le tout est de trouver sa voie et le plus vite possible (avant qu’il ne soit trop tard…)

Généralement voici ce que je conseille :
– pour les personnes qui ne sont pas assez autonomes dans leur travail, les prépas sont des sources de motivation et de rigueur qui s’avèrent nécessaire à la réussite.
– pour les personnes ayant acquis une certaine rigueur dans leur travail, le tutorat suffit souvent (ce qui fut mon cas, malheureusement peut être un peu tard lors de ma première PACES).

Quoi qu’il en soit je le répète, choisissez l’un ou l’autre mais ne faites pas l’erreur de ne rien prendre ! Quant aux classements, il permettent de se situer et de se réajuster dans son travail, mais ne sont en aucun cas directement liés à votre classement au concours. Donc si vous prenez des gamelles en colle, ne vous inquiétez surtout pas et mettez le paquet !