Articles Tagués ‘etudes’


Un petit billet pour vous parler de mon stage en chirurgie.

chirurgie_orthopedique_chc
Et bien bingo, il se passe nettement mieux que la partie anesthésie.
Je suis avec un chirurgien plutôt jeune, d’ailleurs c’est celui qui m’a opéré du genou en décembre (je me suis arrangé pour l’avoir comme référent).

J’assiste aux consultations avec lui. Très pédagogique il m’explique pas mal de chose alors que je suis un gros néophyte Imaginez lorsqu’il me pose des questions sur des radios : « Tu vois quoi là ? » « Bah, une tâche » « Mais nooon c’est un des signes majeurs d’arthroses avec blablablabla… ».
Il s’agit donc de chirurgie orthopédique : tumeurs osseuses, fractures, ligaments croisés, prothèse de hanche, prothèse de genou…
Bref tout un attirail particulier qui vaut une réputation de bourrins à ces chers amis orthopédistes. Ce n’est pas le cas de mon chirurgien même si la première fois que je l’ai vu au bloc il tapait comme un forcené avec un marteau afin d’enfoncer une prothèse.

Alors oui on se croirait dans une des forges tenues par les nains du Mordor, et pourtant l’environnement est stérile et peuplé de petit bonhommes en bleus qui diffèrent en tous points des schtroumpfs.
Puis le chirurgien attrape un petit bistouris tout fin, à ce moment on se dit « ça y est on passe à la finesse »… Une odeur de poulet grillé passe à travers les masques, et oui à l’heure de la technologie il s’agit de bistouris électriques.

Heureusement que mon chirurgien est sympa, parce que les infirmières ne le sont pas toujours. Certaines me vouent une haine tenace et me voient comme un pestiféré qui empiète sur leurs platebandes.
Grace à lui j’ai pu m’habiller en stérile et l’assister en lui donnant certains outils, en tenant les écarteurs ou en utilisant « l’aspirateur à sang ». Il m’est donc arrivé de tomber sur des infirmières qui ne supportent pas qu’un gamin de 20 ans sans aucune expérience puissent s’occuper de certaines de leur tâche.
A ce moment elle utilisent une technique bien perfide : souligner la moindre de mes erreurs, ce qui va de la plus fine imperfection aux grosses bêtises que je peux faire. Méa culpa je suis au début du périple.

Demain je retourne au bloc afin d’apprendre toujours et encore plus de mes ainés.
La médecine forme grâce au compagnonnage ce qui implique une pédagogie et une humanité évidente. N’est-ce pas les principales qualités que doit avoir un soignant?

Publicités

Lucy in the sky with diamonds chantaient les beatles pour décrire les hallucinations qu’ils avaient sous LSD. Cette semaine je suis en stage d’anesthésie, et je dois vous avouer que j’ai envoyer plus d’un patient dans la 4ème dimension.

Anesthésie

Tout se passe bien, sauf qu’à mon stade c’est vraiment frustrant d’être pris pour une plante. C’est un peu un cercle vicieux. Car j’ai remarqué que les anesthésistes sous le coup du stress parlent très mal à leurs infirmiers, et ça nous retombe dessus nous les étudiants en médecine… Qui plus tard perpétueront la tradition de lynchage verbal.
C’est un peu dommage car l’ambiance est palpable au bloc. Vous me direz c’est un peu normal car nous avons des vies entre les mains. Sachez qu’il y a 20 ans on mourrait plus d’anesthésie que des opérations ou de leurs suites. Maintenant les techniques se sont grandement améliorées mais bon… Je trouve cela quand même dommage, car il pourrait y avoir un meilleur état d’esprit.

Je commence à m’habituer à l’ambiance bloc. Descendre, passer le sas entre le monde des bactéries et le monde décontaminé. De bon matin s’habiller avec des tenues spéciales, mettre un masque, des protèges chaussures, un chapeau ridicule… Et se lancer dans la fourmilière. Tout le monde s’active, soit pour remplir les stocks soit pour s’afférer vers les blocs. Dedans n’en parlons pas : infirmiers, infirmiers anesthésistes, aides soignants, externes (comme moi, en gros les étudiants de médecine au début de leurs études), internes, chirurgiens, anesthésistes… Nous, on se met quelque part pour ne pas géner, et au final on ne fait pas grand chose. J’essaye de forcer un peu le destin cependant en foncant dès qu’il y a a faire, et en n’hésitant pas à poser les questions qu’il faut.
J’aide un peu à préparer les plateaux, les différentes solutions. Ensuite je commence à ventiler les patients, insérer des canules de guedel et toutes ces choses qui font parties d’un monde à part. Bientôt qui sait, on me laissera peut être manier le laryngoscope pour que je puisse intuber pour la première fois.
Niveau habituation, la déformation de la vision du corps humain par les études médicales commencent déjà pas mal. Les odeurs, les images de corps ouverts me paraissent presque naturels. De ce côté je ne me fait aucun soucis, et j’essaye de prendre le maximum de recul.

Aujourd’hui j’ai vu les deux opérations que j’ai subi à mon genou rassemblée en une :
– ménisque.
– ligament croisé antérieur.
C’est fou de se dire « punaise, mais j’étais à sa place » (d’autant que c’était un jeune) !
Les chirurgiens on vraiment l’habitude et le coup de main. A peine tu es entré dans la salle, même sans aucun signe distinctif, tu reconnais direct le ponte de service ! Une auréole de respect brille au dessus de son crâne.
Il attrape la jambe et la manipule de long en large avec de grand mouvement et des outils barbares qui donnent l’impression vu de l’extérieur qu’on se trouve dans une boucherie. C’est ce qu’on appelle l’habitude et la sureté des gestes.
J’ai encore la semaine prochaine à faire en anesthésie, puis j’enchaine avec 1 mois de joie avec les chirurgiens.
Pour l’instant je suis vraiment déçu de faire aussi peu de chose, même si à côté je vois énormément de choses cool. Les anesthésistes que j’ai pu rencontrer pour l’instant sont loins d’être pédaguoges. Mais je ne désespère pas, des copains m’ont rapporté qu’il y en avait des supers. C’est comme une boite de chocolat, je me lève à 5h30 le matin en espérant tomber sur le bon.
Confusius disait « Nul n’est le propriétaire de son savoir, il n’en est que le détenteur »

A tchao Bonsoir


Hier j’ai pu avoir ma première réunion de tuteur.

Tutotrat tours
L’aventure commence dès mercredi puisque je suis tuteur de BDR (biologie de la reproduction) & Embryologie.
Je n’ai plus une minute à moi, j’ai vraiment trop de choses à faire mais c’est super.
Parce qu’au final être tuteur c’est un tas d’actions bénévoles :
– rédiger des QCMs pour les tutorés
– faire les corrections par petits groupes
– réviser ses cours
– aller en cours de P1 pour faire des ronéos
– surveiller les colles des autres UE
– assister aux permanences pour répondre au questions des tutorés
– répondre aux gens sur le forum
– préparer et aider à l’organisation du concours blanc
– faire et animer des enseignements dirigés
etc…

Bref une tonne de chose qui demande un grand investissement mais qui au final vaut vraiment le coup ! Je n’ai qu’une envie c’est rendre ce que le tutorat m’a apporté pendant mes deux années de PACES. Aider une personne sans rien attendre en retour peut être plus que gratifiant lorsque l’on a un minimum de conscience.

Pour l’instant se passe une phase de « formation », on fait des réunions par rapport à la conception des QCM, au job de tuteur, à la plateforme sur internet qui permet de fabriquer les colles…
C’est vraiment excellent de passer d’un statut de tutoré au statut de tuteur.
Franchement l’expérience humaine à l’air encore une fois juste génialissime. Le plaisir est renforcé par une équipe de tuteur de BDR qui a l’air super. Non franchement en ce moment je n’ai pas à me plaindre de la vie.

A côté de cela j’ai validé mon stage avec une excellente appréciation de la part de mon cadre supérieur de santé. C’est marrant comme ces rapports de stages peuvent tourner en lécherie générale. Enfin d’un côté c’est vrai que je me suis vraiment investi dans mon stage et que tout c’est bien passé. Malgré cela je ressent une sorte de pointe d’hypocrisie assez insupportable, d’autant que je n’ai presque pas vu mon cadre du stage, il a du rédiger le rapport selon les dires des infirmières.


Il était 17h quand mon bippeur (téléphone portable) a sonné. Au bout du fil se tenait mon cadre supérieur de santé qui m’annonce qu’une patient vient d’être envoyé au bloc pour une réimplantation rénale. Avec gravité il me demande si je veux y assister. Pour rien au monde je ne manquerait à mon devoir. J’attrape ma blouse que je fourre dans mon sac et je fonce vers l’hôpital…

Chirurgie

Bon ok, j’ai complètement romancé la scène, loin d’être indispensable je n’ai fait qu’observer l’opération mais c’était juste trop énorme ! D’abord je me suis perdu dans l’immense dédale que représente le CHU, je suis monté jusqu’en néphrologie où une interne m’a indiqué le chemin. Ensuite j’ai dû sonner puis patienter 20 longues minutes devant les hublots séparant le monde des moldus de l’univers stérile du bloc.

Une infirmière très sympa est finalement venue m’ouvrir, puis je me suis préparé dans une grande salle remplie de casiers et de crocs de toutes les couleurs (oui, vous savez ces chaussures en plastique ultra-design). En franchissant chaque sas mon coeur battait de plus en plus fort… Jusqu’à la salle d’opération aux allures de séries américaines. Le chirurgien-urologue fit comme si je n’étais pas là (il ne m’a pas adressé la parole ni dit bonjour, pour lui j’étais Casper le fantôme). Par contre l’interne a été très sympa et m’a expliqué pleins de choses, comme si j’étais un autochtone et qu’il était mon traducteur vis à vis du grand manitou.
Bref, au début je n’ai pas su où me mettre, du coup j’étais en retrait pour ne pas gêner mais je voyais mal. En voulant m’approcher un petit peu, l’infirmière s’aperçut de ma présence gênante et me fit signe de prendre un petit marche pieds pour m’installer derrière le drap tendu et la tête de la patiente.

J’avais une vue superbe sur l’opération qui se déroulait sous mes yeux comme une pièce de théâtre avec des acteurs atypiques. Le chirurgien stressé et un peu pédant qui gueulait sur l’infirmière car les instruments « ne pleuvait pas », et pourtant il fallait voir l’infirmière s’activer. L’interne comme assistant modèle, une aide soignante qui gérait toute la logistique externe (écho Doppler, réapprovisionnement d’outils…), l’anesthésiste qui faisait des aller-retour entre la salle/le dehors, et enfin l’infirmier anesthésiste qui jouait sur son Ipad, assit dans un coin reculé de la pièce. Cela s’est déroulé sur plusieurs actes en 4h, et je dois dire que j’avais énormément mal aux jambes à la fin à faire le piquet sans bouger sur mon perchoir.

Le chirurgien maniait les instruments avec une agilité impressionnante, et surtout avec une vitesse d’exécution fulgurante. Il alternait le bistouris avec les pinces, puis changeait pour un écho Doppler de l’artère rénale, enchainait sur une imagerie à rayon dont je ne saurais dire le nom (je dû mettre une veste en plomb…) et finissait par recoudre différents points vasculaires à la manière d’un tisserand expert. Quel boulot ! Mais étrangement j’ai senti que la chirurgie n’était pas la voie que je souhaitais emprunter.

Le travail se termina vers 21h30 par l’intervention d’un néphrologue qui constata avec le chirurgien que la vascularisation du greffon était encore défaillante malgré tous les efforts fournis. Il fallait maintenant attendre le réveil de la patiente pour voir comment cela allait se passer avec le risque de devoir lui enlever son rein fonctionnel, et donc de la renvoyer vers une vie compliquée et sous contrainte de dialysée.
Crevé, je retournais me changer aux vestiaires… Il me fallait quitter la tenue bleue du bloc pour retourner casser la croûte chez moi tant mon ventre criait famine. En partant je croisais l’interne qui m’annonçait qu’il avait 20 minutes pour manger et qui enchainait sur une greffe de rein, avec le même chirurgien. Cette nouvelle opération allait se poursuivre jusqu’à tard dans la nuit.
Vie de malade au pays de la pathologie.


Hello tout le monde, un petit mot simplement pour parler de mon premier jour de stage infirmier au service de consultations externes de jour de néphrologie.

Nephrologie

Après une journée barbante, encore théorique mais nécessaire, sur les règles et mesures d’hygiène à l’hôpital enfin je suis plongé dans le grand bain. La scène se passe au CHU Bretonneau qui est le plus grand pôle hospitalier de la région, il faut s’imaginer de grands bâtiments modernes faits de grandes verrières qui font penser un peu à un village dans la ville tant leur taille est impressionnante.

Bref je me présente dans le service auprès de mon cadre de santé supérieur. Je suis très très bien accueilli par les infirmières qui possèdent autant d’empathie pour les patients que pour l’étudiant ignare que je suis. Tant mieux parce que je n’aurais pas supporté un mois avec des peaux de vache.
Comme je m’y attendais ce premier jour consistera simplement à de l’observation. Alors je fais le piquet, et j’ai d’ailleurs du mal à trouver ma place… Je me sens de trop, une sorte d’intrus inutile qui gène même les soignants dans leur progression par moment. Mais heureusement les collègues les plus aimables prennent le temps de tout m’expliquer avec gentillesse.

Je fais la visite du service avec une nouvelle patiente ce qui me permet de me familiariser avec l’environnement. En l’occurrence nous sommes dans le service de consultations externes de néphrologie qui fait le suivi de patients insuffisants rénaux (souvent dialysés) ou de patients greffés du rein. Je bois les paroles de chaque pratiquant de santé, je sens même une boule d’excitation se nouer dans ma gorge : « c’est le boulot que je veux faire » ! Je me sens vraiment dans mon élément, et le contact avec les malades est superbe, empli d’une humanité sans pareil. Par respect pour eux et pour le secret médical, je vais tenter de ne rien dévoiler sur ce blog mais je souhaite faire partager mon expérience tant elle est belle.
Comme beaucoup je suis intimement convaincu qu’il est nécessaire de passer par cette étape (2 semaines d’infirmier, 2 semaine d’aide soignant) afin de se rendre compte du travail qui est fait en amont par tout ce personnel alors que c’est le médecin qui récolte tous les lauriers. Cette équipe est la clé du parcours coordonné de soins, et sans eux les médecins ne pourrait pas pratiquer leur exercice correctement… De quoi rabaisser la rengaine de « pontes » médicaux arrogants et pédant qui parcourent les allées de l’hôpital le stéthoscope doré au cou.

Dans un petit carnet je note toutes les nouvelles subtilités techniques (noms des médicaments, profils pathologiques…) afin que ce stage me soit bénéfique d’un point de vue de la culture médicale. Mais je remplie aussi consciencieusement mon carnet rouge avec mes impressions propres, afin de pouvoir la présenter lors de mon entretien et de mon groupe BALINT.
Pour l’instant je suis dans un idylle, j’adore mon service en grande partie grâce aux personnes qui le compose… Ce qui m’amènera à aller chez les copains le soir pour nous raconter notre premier jour autour d’une bière fraiche.

A l’heure où je vous parler, je viens de terminer mon deuxième jour de stage (j’y reviendrais surement dans un autre article) et je suis en attente d’un appelle qui me conduira peut-être pour 3h au bloc, ce soir, afin d’assister à une greffe du rein. Je croise les doigts en espérant que le néphrologue de mon service à réussi à me trouver une petite place… Quelle excitation !

Ce stage infirmier avant de rentrer en 2ème année de médecine fut initié à Tours… Alors d’ors et déjà merci à mes prédécesseurs de cette excellente idée !


Activités extra scolaires :

 

Autours de la planète médecine gravite un tas d’activités que souvent on s’interdit. Nombreuses sont les activités étudiantes qu’on doit zapper sous prétexte que le boulot nous prend trop de temps. Combien de fois ai-je été frustré… Par exemple j’ai manqué le banquet viking des étudiants d’archéologie haha.

 

Certains arrêtent tout, d’autres comme moi conservent tout de même certains plaisirs. Je pense que ce sont des soupapes nécessaires à une année harmonieuse. Tout s’interdire, c’est se vouer à une année merdique et pas forcément fructueuse.

 

Handball

 

Pour les gourmands :

 

Certains adorent sortir au restaurant de temps en temps pour bien se faire plaisir. Un coup se sera un bon fast food, un gros big mac pour se caller comme il faut avec des frites bien grasses. Déconseillé le midi avant d’aller en cours, sinon Morphée aura tendance à vous attirer vite fait dans ses bras.
Les sorties sushis ou crêperies sont aussi très appréciées des étudiants : abordable, dépaysant et délicieux. Autrement si vous pouvez vous payer un trois étoile Michelin… mais ça c’est un autre monde gastronomique et une autre histoire.

Vous verrez beaucoup d’avantages, notamment le fait de ne pas manger des plats tout prêts au micro onde pour ceux qui ne cuisinent pas. Et puis vous pourrez passer un moment sympathique avec vos potes et vous dire que votre vie sociale n’est pas totalement morte. Fini les repas solos et vive les petits moments conviviaux.

 

Pour les cinéphiles ou les théatreux :

 

Une toile le vendredi soir, ça fait plaisir. Après une semaine longue et épuisante, le ciiné sera une grosse bouffée d’oxygène. C’est fou comme les plaisirs banals de certaines personnes sont décuplés. Et oui, si c’est un de vos seuls loisirs, quel bonheur vous aurez une fois dans la salle avec votre paquet de pop corn dans les mains.
Un film d’action permettra de vous vider la tête, de ne penser à rien. Un film romantique à l’eau de rose ravivera des émotions enfouies en vous. Après rien ne vous empêche d’enchainer la pause gourmande avec la pause cinéphile, c’est même conseillé.
Certains préfèrent se déplacer à l’opéra ou au théâtre pour voir tout type de prestation : dance, cirque, théâtre, musique… Même si malheureusement la culture se perd de plus en plus dans les nouvelles générations ou du moins nous tendons vers une exécrable culture de masse, fruit de notre société de consommation.

 

Pour les sportifs :

 

Pendant mes deux années de PACES j’ai sacrifié une grosse partie de mon temps libre au sport. Pour moi c’était vraiment essentiel même si j’ai dû ralentir la cadence la deuxième année pour ne pas me planter.

Votre sport favori permettra de compenser les longues heures passée le cul assit sur une chaise. Le handball dans mon cas (d’où l’illustration), la petite balle pégueuse a rebondi d’abord en club puis en universitaire. Quel bonheur de pouvoir se défouler et de retrouver ses camarades de jeu… Et puis tous ces petits moments privilégiés, comme la troisième mi-temps ou les douches collectives… Haha je blague bien sûr.

Chez les hommes la dominante sera aux sports de brutasse, comme le football, le rugby, les arts martiaux, tandis que les femmes apprécieront d’avantage la dance, la gymnastique ou la natation, surplus de grâce oblige.

 

Pour les créatifs :

 

On ne peut pas dire que la P1 développe votre créativité, au contraire je dirais qu’elle la bride. Apprendre les acides aminés par cœur, bucher sur de la biochimie ou de la biologie cellulaire, se réciter les milliers de pages de votre manuels d’anatomie : rien de très imaginatifs.

Alors si vous aviez une passion artistique comme la photo, le théâtre, le dessin, la musique, la sculpture… Ne vous arrêtez surtout pas, continuez quitte à vous restreindre un peu. Cela vous épanouira surement.
Un coup de gratte avant de dormir par exemple, ou alors caricaturer les plus célèbres acteurs, ne vous en privez pas. Autrement il y a ceux dont la plume les démange, moi par exemple j’aime bien écrire. Mais j’avoue que je n’ai pas eu tellement l’occasion de le faire lorsque j’étais en PACES. Commencez un roman ou bien écrivez pour le journal local, ca vous fixera une sorte d’obligation plaisante. Parce qu’après trouver l’inspiration et la motivation devient compliqué.

 

Pour les lecteurs :

 

Ne pas laisser son livre d’aout sur la plage, ce serait vraiment dommage. La lecture permettra de vous évader dans des mondes insoupçonnés.  Le petit problème c’est qu’on s’est déjà abimé les yeux sur nos cours toute la journée et qu’on a pas forcément envie de réattaquer de nouvelles lignes de caractère dactylographiées. C’est l’excuse que je me donne pour justifier le peu de livres que j’ai écoulé à l’époque. Pourtant j’adore lire, autant les BDs que les romans. Je sais qu’il y en a pas mal en médecine qui dévorent pas mal de mangas.
Le mieux ca reste l’été quand le soleil arrive. Quand vous n’en pouvez plus, plongez sur votre table de chevet pour attraper votre live favori. Enfilez votre short puis foncez vers le parc le plus proche de chez vous. Enfin, après avoir enfilé vos lunettes de soleils posez vous dans un endroit d’herbe fraiche pour savourer une bonne pause lecture (j’ai l’impression d’écrire une nouvelle recette).

 

Pour les gamers :

 

A la limite c’est le loisir que je déconseillerais… Parce que franchement c’est un coup à ne pas s’arrêter, se coucher tard et ne pas être performant.
Les jeux addictifs comme les MMORPGS sont à éviter d’urgence ! Nombre de pauvres étudiants sont tombés dans les fastes du jeu vidéo avec une énorme proportion masculine étrangement ! Après si vous êtes capable de faire quelques parties de fifa et de vous arrêter en temps et en heure, pourquoi pas.
Personnellement ma console de jeux est restée dans ma chambre, chez mes parents. C’est mon petit frère pendant ce temps là qui s’est bien fait plaisir.

 

Alors n’oubliez pas de vous faire plaisir. Je le répète, ce qui est génial c’est que d’une part ca vous fera une bonne bouffée d’oxygène, vous serez ensuite beaucoup plus efficace dans le travail. De plus vous verrez que le moindre loisir sera un vrai bonheur, vous apprécierez la chose au centuple.


Parfois le hasard de la vie vous fait faire des rencontres extraordinaires. C’est ce qui m’est arrivé cette année puisque j’ai fait la connaissance d’Oumar, et je me propose de vous raconter son histoire.
Je n’ai pas vocation à faire du misérabilisme (je déteste ces prétendu philanthropes et moralisateurs en tous genres…), je veux simplement être le conteur d’une histoire qui mérite votre attention.

Mali

Avec des copains on avait l’habitude (déjà depuis l’année précédente) de travailler dans les salles d’enseignement dirigés (ED) libres. Ce sont des salles situées au niveau des étages du bâtiment principal de la faculté. Elles sont ouvertes à tout le monde à partir du moment où aucun cours/ED n’a été prévu. Pour vous représenter la chose, ce sont des salles de cours lambda, toutes simples : un enchevêtrement de tables et de chaises agrémentées d’un grand tableau noir.

C’est comme ça, pendant la période de révisions, que je suis venu à parler à ce fameux Oumar. Je le voyais souvent venir travailler avec acharnement dans les salles. Son labeur s’étalait sur des plages horaires amples, il mangeait même dans les salles avec des petits Tupperware en plastique. Un « fou du travail », comme on peut en trouver beaucoup en PACES.

Il m’a raconté son histoire : arrivé cette année en France, il avait fuit le Mali et sa guerre civile pour venir étudier la médecine en France. S’étant inscrit en faculté de médecine à Bamako, il avait fait 2 années blanche puisque la guérilla bloquait la pratique des cours.
Résultat, il s’est parachuté dans un pays avec l’un des concours de médecine les plus compliqué (230 places pour environ 1600 étudiants) du monde, avec un tas de démarches administratives à faire : vous connaissez comme moi le côté « simple » de notre administration déjà pour nous français, alors imaginez pour un étranger. On l’a quand même envoyé sur Orléans pour faire des tests médicaux.
Ajouté à cela, on l’a placé dans une chambre étudiante de 9 m2 à l’autre bout de la ville : bref, la république française ne lui facilitait pas du tout la tâche, aussi compliquée fut elle à la base.
Avec son français hésitant, il s’acharnait sur des cours de biologie cellulaire, de chimie organique… sans queue ni tête. Et moi je buvais ses paroles, empli d’admiration pour cet homme qui avait tant de courage.

Pour lui cet acharnement au travail était une nécessité. D’une part parce que les sciences le passionnaient, d’autre part parce qu’il n’avait pas le droit à l’erreur : sa mère était seule à élever ses enfants depuis la mort du père (officier de police victime de l’agitation dans le pays), et avait fait des sacrifices pour permettre à son fils de réaliser ses rêves.
Comme il me disait toujours avec son accent à couper au couteau et son français approximatif « je ne peux pas rentrer au pays sur un échec, je ne rentrerai que lorsque je serai capable de soigner les miens ».
C’est lorsque l’on entend ce genre d’histoire qu’on relativise sur notre situation, je me suis dit qu’à côté de lui mes conditions pour réussir étaient idéal. Qu’au final mon mérite n’est que minime.
Bref je dois garder  les pieds sur terre quoi qu’il m’arrive dans la vie et abandonner toute forme de pusillanisme.

Epilogue :
J’avais décidé de tout faire pour aider Oumar à réussir : en lui donnant des cours, des polys dont je n’avait pas utilité, des conseils en informatique (il venait d’acquérir un PC mais avait encore beaucoup de mal à le manier…)
Il réussit brillamment à passer le cap du premier semestre mais n’eut pas les notes nécessaires pour redoubler. Résultat des courses, le courage d’Oumar n’a pas faiblit : l’année prochaine il fait une faculté de biologie pour avoir suffisamment de crédit validés et pouvoir retourner en PACES.
En attendant il travail sur Paris pour gagner un peu d’argent, jusqu’au jour où il prêtera le serment d’Hippocrate. A ce moment là il saura qu’il est temps de retourner au pays auprès de sa famille.