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Un petit billet pour vous parler de mon stage en chirurgie.

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Et bien bingo, il se passe nettement mieux que la partie anesthésie.
Je suis avec un chirurgien plutôt jeune, d’ailleurs c’est celui qui m’a opéré du genou en décembre (je me suis arrangé pour l’avoir comme référent).

J’assiste aux consultations avec lui. Très pédagogique il m’explique pas mal de chose alors que je suis un gros néophyte Imaginez lorsqu’il me pose des questions sur des radios : « Tu vois quoi là ? » « Bah, une tâche » « Mais nooon c’est un des signes majeurs d’arthroses avec blablablabla… ».
Il s’agit donc de chirurgie orthopédique : tumeurs osseuses, fractures, ligaments croisés, prothèse de hanche, prothèse de genou…
Bref tout un attirail particulier qui vaut une réputation de bourrins à ces chers amis orthopédistes. Ce n’est pas le cas de mon chirurgien même si la première fois que je l’ai vu au bloc il tapait comme un forcené avec un marteau afin d’enfoncer une prothèse.

Alors oui on se croirait dans une des forges tenues par les nains du Mordor, et pourtant l’environnement est stérile et peuplé de petit bonhommes en bleus qui diffèrent en tous points des schtroumpfs.
Puis le chirurgien attrape un petit bistouris tout fin, à ce moment on se dit « ça y est on passe à la finesse »… Une odeur de poulet grillé passe à travers les masques, et oui à l’heure de la technologie il s’agit de bistouris électriques.

Heureusement que mon chirurgien est sympa, parce que les infirmières ne le sont pas toujours. Certaines me vouent une haine tenace et me voient comme un pestiféré qui empiète sur leurs platebandes.
Grace à lui j’ai pu m’habiller en stérile et l’assister en lui donnant certains outils, en tenant les écarteurs ou en utilisant « l’aspirateur à sang ». Il m’est donc arrivé de tomber sur des infirmières qui ne supportent pas qu’un gamin de 20 ans sans aucune expérience puissent s’occuper de certaines de leur tâche.
A ce moment elle utilisent une technique bien perfide : souligner la moindre de mes erreurs, ce qui va de la plus fine imperfection aux grosses bêtises que je peux faire. Méa culpa je suis au début du périple.

Demain je retourne au bloc afin d’apprendre toujours et encore plus de mes ainés.
La médecine forme grâce au compagnonnage ce qui implique une pédagogie et une humanité évidente. N’est-ce pas les principales qualités que doit avoir un soignant?


Aujourd’hui comme le dit l’expression populaire « je suis passé sur le billard« .
En effet au début de l’année j’ai eu la bonne idée de me fissurer le ménisque en jouant au handball. Du coup IRM, tout le bazar jusqu’à l’étape chirurgien… Le verdict est sans appel si jamais je veux un jour refaire du sport je dois subir une suture méniscale.

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L’avantage c’est que normalement lorsque le ménisque est fissuré on est obligé de le retirer au moins en partie. Pour les néophytes, le ménisque correspond à un bout de cartilage qui est dans le genou et sert d’amortisseur. Et comme on l’apprend dans de nombreux cours, le cartilage n’est pas vascularisé donc ne cicatrice pas spontanément du coup on est obligé de le retirer dès qu’il est lésé. Ceci favorise d’une part l’apparition d’arthrose (usure de l’articulation) et d’autre part c’est mauvais pour le genou étant donné qu’on lui retire un amortisseur.
Mais heureusement la médecine de nos jours a évolué et maintenant chez les jeunes il est possible de suturer lorsque la lésion n’est pas trop étendue, ce qui fut mon cas.

En revanche le désavantage c’est que le temps de rémissions est plus long. Du coup je peux dire au revoir au séjour de ski avec mes camarades carabins… C’est vraiment dommage car cela s’annonçait assez fou : journée de ski sur les pentes d’une station géniale, soirée de folie avec les potes, tartiflettes à gogo… Tant pis ça sera pour l’an prochain. Pour le moment je dois garder mes béquilles pendant 1 mois, plus une rééducation avant de reprendre le sport dans 3 mois. En attendant mon genou est digne de la cuisse du pilier de l’équipe de rugby des All blacks. Il est énorme !

C’était drôle puisque je me suis fait opérer dans le service orthopédie-traumatologie où je suis en stage en Janvier. Donc en gros c’est une véritable transition soignant-soigné que je fais !
Tout ça pour dire qu’ils m’ont fait venir à jeun à 7h du matin, j’avais donc pris mon dernier repas le soir à 20h et je suis passé au bloc à 14h seulement. Autant vous dire que dans la salle de réveil vers 17h je tremblais un peu, proche de l’hypoglycémie (mais heureusement j’avais en tête toutes les belles recettes des blogueurs que je suis et que je ne vais pas citer de peur d’en oublier, mais sachez que vous vendez du rêve. D’ailleurs il s’agit principalement de femmes, alors merci mesdames).
Sinon l’opération s’est bien passée, je suis tombé dans l’ensemble sur des infirmières très sympathiques, un chirurgien jeune et dynamique et une anesthésiste roumaine.

Je passe à la minute « TheCarabin se rebelle ». Il s’agissait donc d’un hôpital public, et face aux salaires peu attractifs de ces derniers les médecins français s’orientent de plus en plus vers le libéral. Résultat dans les hôpitaux publics on se retrouve avec presque que des médecins étrangers. Je ne veux pas critiquer mes collègues étrangers, mais ils n’ont pas forcément la formation adéquate et la même façon de travailler. Du coup les actes de soins perdent en efficience. Par exemple j’ai eu des échos sur cette anesthésiste qui avait un peu de mal avec les méthodes Francaise. Pour autant elle était pleine de bonté et d’empathie, ce que j’ai constaté surtout quand elle m’a pris délicatement la main avant de m’envoyer valser au pays de Morphée.
C’est drôle quand même car bientôt ce sera moi qui vais aider l’anesthésiste à intuber et à anesthésier les patients. J’ai suis vraiment pressé de passer « de l’autre côté de la barrière« . Parce que subir une opération c’est tellement moins intéressant qu’assister et aider à sa réalisation.

Me voilà donc estropié pendant les fêtes de fin d’année. Mais bon dans ces cas là il faut toujours toujours relativiser et penser par exemple aux personnes qui souffrent de pathologies bien plus lourdes qu’un simple trauma orthopédique.
Pendant que je mourrais de fin tout à l’heure, les infirmières faisaient un grand gueuleton de Noël, les vilains. Moi j’ai hâte d’être au réveillon et j’en profite donc pour vous souhaitez à tous (lecteurs et lectrices) d’excellents moments avec vos proches. Profitez en pour manger des choses qui sortes de l’ordinaire, pour voir de la famille que vous n’avez pas forcément l’habitude de voir, pour trinquer avec vos amis, pour avoir plein d’espoir… De l’espoir en cette année nouvelle année 2014 qui je l’espère nous apportera joie et bonheur.

Alors joyeuses fêtes, et des gros bisous à tous !

TheCarabin