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Lucy in the sky with diamonds chantaient les beatles pour décrire les hallucinations qu’ils avaient sous LSD. Cette semaine je suis en stage d’anesthésie, et je dois vous avouer que j’ai envoyer plus d’un patient dans la 4ème dimension.

Anesthésie

Tout se passe bien, sauf qu’à mon stade c’est vraiment frustrant d’être pris pour une plante. C’est un peu un cercle vicieux. Car j’ai remarqué que les anesthésistes sous le coup du stress parlent très mal à leurs infirmiers, et ça nous retombe dessus nous les étudiants en médecine… Qui plus tard perpétueront la tradition de lynchage verbal.
C’est un peu dommage car l’ambiance est palpable au bloc. Vous me direz c’est un peu normal car nous avons des vies entre les mains. Sachez qu’il y a 20 ans on mourrait plus d’anesthésie que des opérations ou de leurs suites. Maintenant les techniques se sont grandement améliorées mais bon… Je trouve cela quand même dommage, car il pourrait y avoir un meilleur état d’esprit.

Je commence à m’habituer à l’ambiance bloc. Descendre, passer le sas entre le monde des bactéries et le monde décontaminé. De bon matin s’habiller avec des tenues spéciales, mettre un masque, des protèges chaussures, un chapeau ridicule… Et se lancer dans la fourmilière. Tout le monde s’active, soit pour remplir les stocks soit pour s’afférer vers les blocs. Dedans n’en parlons pas : infirmiers, infirmiers anesthésistes, aides soignants, externes (comme moi, en gros les étudiants de médecine au début de leurs études), internes, chirurgiens, anesthésistes… Nous, on se met quelque part pour ne pas géner, et au final on ne fait pas grand chose. J’essaye de forcer un peu le destin cependant en foncant dès qu’il y a a faire, et en n’hésitant pas à poser les questions qu’il faut.
J’aide un peu à préparer les plateaux, les différentes solutions. Ensuite je commence à ventiler les patients, insérer des canules de guedel et toutes ces choses qui font parties d’un monde à part. Bientôt qui sait, on me laissera peut être manier le laryngoscope pour que je puisse intuber pour la première fois.
Niveau habituation, la déformation de la vision du corps humain par les études médicales commencent déjà pas mal. Les odeurs, les images de corps ouverts me paraissent presque naturels. De ce côté je ne me fait aucun soucis, et j’essaye de prendre le maximum de recul.

Aujourd’hui j’ai vu les deux opérations que j’ai subi à mon genou rassemblée en une :
– ménisque.
– ligament croisé antérieur.
C’est fou de se dire « punaise, mais j’étais à sa place » (d’autant que c’était un jeune) !
Les chirurgiens on vraiment l’habitude et le coup de main. A peine tu es entré dans la salle, même sans aucun signe distinctif, tu reconnais direct le ponte de service ! Une auréole de respect brille au dessus de son crâne.
Il attrape la jambe et la manipule de long en large avec de grand mouvement et des outils barbares qui donnent l’impression vu de l’extérieur qu’on se trouve dans une boucherie. C’est ce qu’on appelle l’habitude et la sureté des gestes.
J’ai encore la semaine prochaine à faire en anesthésie, puis j’enchaine avec 1 mois de joie avec les chirurgiens.
Pour l’instant je suis vraiment déçu de faire aussi peu de chose, même si à côté je vois énormément de choses cool. Les anesthésistes que j’ai pu rencontrer pour l’instant sont loins d’être pédaguoges. Mais je ne désespère pas, des copains m’ont rapporté qu’il y en avait des supers. C’est comme une boite de chocolat, je me lève à 5h30 le matin en espérant tomber sur le bon.
Confusius disait « Nul n’est le propriétaire de son savoir, il n’en est que le détenteur »

A tchao Bonsoir

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ATTENTION : cet article peut choquer les âmes sensibles et les enfants.

Dans chaque stage on a nos moments marquants. Personnellement j’ai dû le provoquer, c’est à dire que c’est comme dans la vie les choses ne tombent pas crues dans le bec, il faut se bouger pour les avoir : c’est encore plus vrai pour le stage de P2. Bref j’ai donc fait pressing sur mon cadre de santé pour être muté le temps d’une matinée dans le service de consultations externes d’urologie… Séquence nouveautés et découvertes à venir.

Urologie

L’urologie est un monde très particulier, d’une part parce que la majorité des patients sont assez vieux, d’autre part parce qu’on entre au plus profond de l’intimité des patients.
Cela a commencé par un vieux monsieur de 90 ans à qui on devait changer une sonde urinaire de cystostomie. Ce vieux monsieur avait une hydrocèle testiculaire accompagnée d’un kyste, ce qui rendait ses parties intimes extrêmement volumineuses.
C’est là que j’ai compris une phrase que l’infirmière de mon services m’avait dit la veille « J’espère que tu ne va pas trop faire de cauchemars ».
Dans mon cas c’était plutôt un mélange de pitié pour cette personne sénile et d’envie de rire devant ce vieux trainant ses testicules comme le boulet d’un bagnard. Le ton était donné.

Ensuite ce fut le passage à la fibroscopie pénienne. Encore une fois je me retrouve face à un patient d’une quarantaine d’année complètement nu sur une table. Le médecin lui a enfoncé une énorme fibroscope dans le pénis, et malgré l’anesthésie accompagnée du protoxyde d’azote qu’il respirait la sensation désagréable le dérangea énormément. En revanche de l’autre côté de la barrière c’était génial, le médecin très sympa ainsi que l’infirmière m’expliquèrent plein de chose. J’ai même eu le droit d’observer une petit tumeur dans l’instrument que le médecin prévu d’enlever.

Tout le reste de la matinée j’ai vu pas mal de changement de sonde (cystostomie, nephrostomie, urétérostomie…), et donc de vieux messieurs qui eurent une douleur atroce au moment de l’extirpation. Cela principalement à cause du ballonnet qui est mis en place dans la vessie, mais je n’entrerai pas dans des détails médicaux plus complexes.
Puis vint le moment le plus « traumatique », même si pour moi ce fut très enrichissant tant humainement que médicalement : la biopsie de la prostate. Afin de déceler un potentiel cancer, le médecin plaça une sonde d’échographie dans l’anus du patient, et fit pas moins de 12 prélèvements sous différents angles avec une lame énorme. Je vous laisse imaginer l’atteinte « impérative » à la dignité et même à l’intégrité corporelle du patient. Idem le protoxyde d’azote et l’anesthésie furent un léger allègement de la douleur. Heureusement encore une fois il s’agissait d’un urologue qui agissait avec tact, dextérité et empathie. Ce n’est que le début de mon parcours hospitaliers et déjà je vois les déviements des hôpitaux. Déviements dans le sens où l’on creuse au plus profond de l’intégrité corporelle des malades, certes par nécessité et avec leur accords mais tout de même… Parfois on a de la profondeur de champ, parfois on touche vite le fond. L’hôpital est donc un lieu à part dans notre société où les moeurs sont totalement chamboulées.

Je peux vous dire que loin d’être choqué, une nouvelle fois j’ai adoré cette matinée si bien que j’y retourne vendredi prochain. Ce ne fut quasiment que de l’observation et un peu d’aide manuelle (très sommaire). Mais qui peut dire avoir vu une biopsie de la prostate ou un changement de sonde urinaire ? De jour en jour, je vois des actes qui sortent tellement de la banalité du quotidien. Cela martel à coup de brique ma formation de soignant… Alors, merci ma chance !


Il était 17h quand mon bippeur (téléphone portable) a sonné. Au bout du fil se tenait mon cadre supérieur de santé qui m’annonce qu’une patient vient d’être envoyé au bloc pour une réimplantation rénale. Avec gravité il me demande si je veux y assister. Pour rien au monde je ne manquerait à mon devoir. J’attrape ma blouse que je fourre dans mon sac et je fonce vers l’hôpital…

Chirurgie

Bon ok, j’ai complètement romancé la scène, loin d’être indispensable je n’ai fait qu’observer l’opération mais c’était juste trop énorme ! D’abord je me suis perdu dans l’immense dédale que représente le CHU, je suis monté jusqu’en néphrologie où une interne m’a indiqué le chemin. Ensuite j’ai dû sonner puis patienter 20 longues minutes devant les hublots séparant le monde des moldus de l’univers stérile du bloc.

Une infirmière très sympa est finalement venue m’ouvrir, puis je me suis préparé dans une grande salle remplie de casiers et de crocs de toutes les couleurs (oui, vous savez ces chaussures en plastique ultra-design). En franchissant chaque sas mon coeur battait de plus en plus fort… Jusqu’à la salle d’opération aux allures de séries américaines. Le chirurgien-urologue fit comme si je n’étais pas là (il ne m’a pas adressé la parole ni dit bonjour, pour lui j’étais Casper le fantôme). Par contre l’interne a été très sympa et m’a expliqué pleins de choses, comme si j’étais un autochtone et qu’il était mon traducteur vis à vis du grand manitou.
Bref, au début je n’ai pas su où me mettre, du coup j’étais en retrait pour ne pas gêner mais je voyais mal. En voulant m’approcher un petit peu, l’infirmière s’aperçut de ma présence gênante et me fit signe de prendre un petit marche pieds pour m’installer derrière le drap tendu et la tête de la patiente.

J’avais une vue superbe sur l’opération qui se déroulait sous mes yeux comme une pièce de théâtre avec des acteurs atypiques. Le chirurgien stressé et un peu pédant qui gueulait sur l’infirmière car les instruments « ne pleuvait pas », et pourtant il fallait voir l’infirmière s’activer. L’interne comme assistant modèle, une aide soignante qui gérait toute la logistique externe (écho Doppler, réapprovisionnement d’outils…), l’anesthésiste qui faisait des aller-retour entre la salle/le dehors, et enfin l’infirmier anesthésiste qui jouait sur son Ipad, assit dans un coin reculé de la pièce. Cela s’est déroulé sur plusieurs actes en 4h, et je dois dire que j’avais énormément mal aux jambes à la fin à faire le piquet sans bouger sur mon perchoir.

Le chirurgien maniait les instruments avec une agilité impressionnante, et surtout avec une vitesse d’exécution fulgurante. Il alternait le bistouris avec les pinces, puis changeait pour un écho Doppler de l’artère rénale, enchainait sur une imagerie à rayon dont je ne saurais dire le nom (je dû mettre une veste en plomb…) et finissait par recoudre différents points vasculaires à la manière d’un tisserand expert. Quel boulot ! Mais étrangement j’ai senti que la chirurgie n’était pas la voie que je souhaitais emprunter.

Le travail se termina vers 21h30 par l’intervention d’un néphrologue qui constata avec le chirurgien que la vascularisation du greffon était encore défaillante malgré tous les efforts fournis. Il fallait maintenant attendre le réveil de la patiente pour voir comment cela allait se passer avec le risque de devoir lui enlever son rein fonctionnel, et donc de la renvoyer vers une vie compliquée et sous contrainte de dialysée.
Crevé, je retournais me changer aux vestiaires… Il me fallait quitter la tenue bleue du bloc pour retourner casser la croûte chez moi tant mon ventre criait famine. En partant je croisais l’interne qui m’annonçait qu’il avait 20 minutes pour manger et qui enchainait sur une greffe de rein, avec le même chirurgien. Cette nouvelle opération allait se poursuivre jusqu’à tard dans la nuit.
Vie de malade au pays de la pathologie.


Hello tout le monde, un petit mot simplement pour parler de mon premier jour de stage infirmier au service de consultations externes de jour de néphrologie.

Nephrologie

Après une journée barbante, encore théorique mais nécessaire, sur les règles et mesures d’hygiène à l’hôpital enfin je suis plongé dans le grand bain. La scène se passe au CHU Bretonneau qui est le plus grand pôle hospitalier de la région, il faut s’imaginer de grands bâtiments modernes faits de grandes verrières qui font penser un peu à un village dans la ville tant leur taille est impressionnante.

Bref je me présente dans le service auprès de mon cadre de santé supérieur. Je suis très très bien accueilli par les infirmières qui possèdent autant d’empathie pour les patients que pour l’étudiant ignare que je suis. Tant mieux parce que je n’aurais pas supporté un mois avec des peaux de vache.
Comme je m’y attendais ce premier jour consistera simplement à de l’observation. Alors je fais le piquet, et j’ai d’ailleurs du mal à trouver ma place… Je me sens de trop, une sorte d’intrus inutile qui gène même les soignants dans leur progression par moment. Mais heureusement les collègues les plus aimables prennent le temps de tout m’expliquer avec gentillesse.

Je fais la visite du service avec une nouvelle patiente ce qui me permet de me familiariser avec l’environnement. En l’occurrence nous sommes dans le service de consultations externes de néphrologie qui fait le suivi de patients insuffisants rénaux (souvent dialysés) ou de patients greffés du rein. Je bois les paroles de chaque pratiquant de santé, je sens même une boule d’excitation se nouer dans ma gorge : « c’est le boulot que je veux faire » ! Je me sens vraiment dans mon élément, et le contact avec les malades est superbe, empli d’une humanité sans pareil. Par respect pour eux et pour le secret médical, je vais tenter de ne rien dévoiler sur ce blog mais je souhaite faire partager mon expérience tant elle est belle.
Comme beaucoup je suis intimement convaincu qu’il est nécessaire de passer par cette étape (2 semaines d’infirmier, 2 semaine d’aide soignant) afin de se rendre compte du travail qui est fait en amont par tout ce personnel alors que c’est le médecin qui récolte tous les lauriers. Cette équipe est la clé du parcours coordonné de soins, et sans eux les médecins ne pourrait pas pratiquer leur exercice correctement… De quoi rabaisser la rengaine de « pontes » médicaux arrogants et pédant qui parcourent les allées de l’hôpital le stéthoscope doré au cou.

Dans un petit carnet je note toutes les nouvelles subtilités techniques (noms des médicaments, profils pathologiques…) afin que ce stage me soit bénéfique d’un point de vue de la culture médicale. Mais je remplie aussi consciencieusement mon carnet rouge avec mes impressions propres, afin de pouvoir la présenter lors de mon entretien et de mon groupe BALINT.
Pour l’instant je suis dans un idylle, j’adore mon service en grande partie grâce aux personnes qui le compose… Ce qui m’amènera à aller chez les copains le soir pour nous raconter notre premier jour autour d’une bière fraiche.

A l’heure où je vous parler, je viens de terminer mon deuxième jour de stage (j’y reviendrais surement dans un autre article) et je suis en attente d’un appelle qui me conduira peut-être pour 3h au bloc, ce soir, afin d’assister à une greffe du rein. Je croise les doigts en espérant que le néphrologue de mon service à réussi à me trouver une petite place… Quelle excitation !

Ce stage infirmier avant de rentrer en 2ème année de médecine fut initié à Tours… Alors d’ors et déjà merci à mes prédécesseurs de cette excellente idée !